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Incomparable aura
En Bretagne, seuls le sport et musique produisent des figures populaires aussi fortes que Kersauson ou Tabarly. Pendant huit ans, Kersau sera le lieutenant du marin taciturne qui loue « sa force digne d’Hercule, son engagement et son humour ». Sa voix trahit l’admiration pour « un homme bon, un skipper magnifique » qu’il quitte en 1974 pour se lancer dans une carrière en solo sur Kriter. Il entreprend, en 1988, un tour du monde en solitaire qu’avant lui, seuls Alain Colas et Philippe Monnet avaient osé tenter sur multicoque. 125 jours sans voir la terre. En 1997, il remporte le Trophée Jules Vernes, référence absolue en navigation, en bouclant le tour du monde en moins de 80 jours. Le Tour du monde, c’est le nom du restaurant qu’il possède sur le port de commerce de Brest. Même Renaud a immortalisé le nom de ce navigateur d’exception : « Tabarly, Pageot, Kersauson ou Riguidel naviguent pas sur des cageots, ni sur des poubelles. » C’est vrai. Et il est même superbe, ce fameux Geronimo. Avec son géant des mers de 34 mètres de long sur 25 mètres de large, doté d’un gréement culminant à plus de 40 mètres, Olivier de Kersauzon confirme son goût pour les nouvelles technologies appliquées à la voile. Dans le genre « je ne fais rien comme tout le monde », il abandonne la course en solitaire pour chasser d’autres records en équipage.
Et vogue la Bretagne
Allusion à son autoritarisme sur les bateaux, il se dépeint comme « un dictateur éclairé » et tente de nous convaincre : « Mais si, j’ai un assez bon caractère. » L’an passé, le magazine armor a capté une autre vérité que celle de l’image médiatique d’Olivier de Kersauson. Comme d’habitude, ODK parle vrai. Et cela fait mal. Plus profondément, cette interview sans paillettes interroge son rapport à l’identité bretonne. Le commun des Bretons ignore tout de ses investissements dans les voiliers aux équipages en passant par les chantiers navals. « Ceux qui ont ramené autant d’argent que moi en Bretagne peuvent l’ouvrir, tonne-t-il avant jusqu’à plagier J.-F.Kennedy. Ne vous demandez pas ce que la Bretagne peut vous faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour elle. » François Cuillandre, maire de la Cité du Ponant, a trouvé en Olivier de Kersauson un parrain idéal pour la fête maritime internationale Brest 2008 : « Personne mieux qu’Olivier de Kersauson, par sa fidélité à notre ville et la part de rêve que suscite un tel événement, ne pouvait incarner cette nouvelle édition. » Pour l’heure, notre marin met le cap sur la Patagonie pour le tournage d’un documentaire pour Empreintes sur France 5. De nouvelles aventures toujours aussi iodées. « Dès que le vent soufflera, je repartira. Dès que les vents tourneront, nous nous en allerons. »
RONAN LE FLÉCHER
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